Vos questions

Le Docteur Michel Guillaumat répond aux idées reçues sur la scoliose
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Elles faussent la perception de la maladie et hypothèquent sa prise en charge.

Si un enfant se tient mal ou porte un cartable lourd, peut-il développer une scoliose ?
 
Aucun comportement ne peut déclencher ou aggraver une scoliose.
Un conseil : Incitez vos enfants à bouger et favorisez leurs activités sportives !

D’autre part, les études sont formelles : le port d’une charge lourde n’est pas responsable d’une scoliose ou de son aggravation. Le sac à dos est à préférer au cartable à roulettes qui impose au dos une traction asymétrique.
Eviter tout de même les excès : ne pas dépasser 10% du poids du porteur selon une circulaire non respectée, datée de 1995.
 
Les enfants qui ont une scoliose doivent être dispensés de sport ?
 
Aucune contre-indication sportive en cas de scoliose. Au contraire, la pratique régulière d’un sport est recommandée. Le sport aide les enfants à supporter l’inconfort du corset, à améliorer leur fonction respiratoire et à renforcer les muscles de leur dos. 
Certaines activités sportives « à risque » (gymnastique  acrobatique, la lutte, le rugby … » sont moins recommandées, en revanche, tous les sports peuvent être pratiqués – même au plus haut niveau.

La scoliose est-elle une maladie héréditaire ?
 
L’origine en partie génétique de la scoliose est confirmée.
 Le risque de la développer est multiplié par 10 si un des parents au premier degré a lui-même une scoliose.
En 2011, un généticien au CHU de Lyon, le professeur Patrick Edery, montrait que le défaut de deux gènes - sur le chromosome 3 et le chromosome 5 - était responsable de certaines formes familiales de la scoliose idiopathique.
Depuis 2014, on en sait encore un peu plus mais la recherche doit continuer.
 
Le surpoids peut-il entrainer une scoliose ?
 
Au contraire. On remarque que les scolioses infantiles les plus graves surviennent plutôt chez des enfants malingres. Par contre, le surpoids peut rendre le dépistage ou les traitements plus difficiles.
 
Peut-on prévenir la scoliose avec une bonne literie ?
 
Douleurs rachidiennes et mauvaise literie peuvent être liées, certes. Traversin et oreiller seront déconseillés suite à une intervention chirurgicale sur la colonne vertébrale.
Mais la scoliose est une déformation tridimensionnelle de la colonne vertébrale, aucune mauvaise attitude ne peut l’expliquer.
 
Le corset peut-il réellement faire évoluer une scoliose ?
 
Oui, l’utilité du corset sur l’évolution des scolioses est largement démontrée.
 Les scolioses très modérées (≤20°) ne sont en géréral pas évolutives mais la moitié des scolioses idiopathiques le sont et doivent donc être traitées. Pour mieux anticiper, les chercheurs veulent déterminer une unité d’évolutivité.
 
La chirurgie est-elle le meilleur moyen pour soigner une scoliose ?
 
L’opération doit être la solution de dernier recours, utilisée uniquement en cas d’échec du traitement par corset ou d’aggravation importante (≥50°).Il faut absolument proscrire toute indication « de complaisance » pour répondre à un souci esthétique ou éviter le port du corset.
 
Un appareil dentaire peut-il déclencher une scoliose ?
 
Rien d’étonnant chez un enfant en croissance : scoliose idiopathique et troubles de l’articulé dentaire peuvent coïncider. Les orthodontistes sont donc bien placés pour contribuer au dépistage de la scoliose mais aucune corrélation n’a jamais été démontrée.
 
Des séances de kinésithérapie peuvent-elles corriger une scoliose ?
 
Attention, la kinésithérapie n’est pas un traitement de la scoliose, simplement un accompagnement du port du corset par l’entretien musculaire et la respiration.
Elle peut être remplacée par un sport régulier.
Mais les kinésithérapeutes eux aussi jouent un rôle important dans le dépistage. Notons, depuis plusieurs années, l’existence des campagnes « M’Ton Dos », bilans gratuits pour les classes de CM1, CM2 et 6ème.
 
Les thérapies manuelles peuvent aider à réduire efficacement une scoliose
 
Les « manipulations vertébrales » doivent être totalement proscrites car risquées. Elles sont inutiles pour la déviation elle-même. Des techniques d’étirement de zones hypoextensibles peuvent éventuellement compléter une prise en charge kinésithérapique.
 
Les semelles orthopédiques peuvent-elles réduire une scoliose ?
 
Seul l’attitude scoliotique peut être atténuée par les semelles orthopédiques qui compensent une inégalité de longueur des jambes.
Prenez garde : trop souvent prescrites à tort, elles peuvent être nuisibles.
 
Des douleurs sont-elles la manifestation d’une scoliose ?
 
Non, la scoliose idiopathique n’entraîne pas de douleurs. Mais en période de croissance et à l’adolescence,  un « mal de dos » assez fréquent est l’occasion de dépister une scoliose éventuelle.Le dépistage est simple, rapide et à la portée de tous les parents : il suffit de faire pencher l’enfant vers l’avant pour repérer deux signes, une gibbosité et une lucarne au niveau de la taille.
 
Le traitement de la scoliose peut-il empêcher une croissance normale ?
 
Au contraire. C’est la déformation de la colonne vertébrale qui fait perdre des centimètres. En se redressant, elle en gagne à nouveau.
La chirurgie ne doit intervenir qu’après le fameux pic de croissance.
 
Les talons hauts peuvent-ils aggraver ou provoquer une scoliose ?
 
Les talons hauts augmentent la lordose lombaire et, par conséquent, les douleurs. Mais ils ne déclencheraient ou n’aggraveraient aucune déformation anatomique structurelle comme la scoliose.
Par ailleurs, le port des talons hauts est par ailleurs formellement déconseillé chez les enfants.
 
Peut-on tomber enceinte en cas de scoliose ?
 
Sauf cas exceptionnels, une scoliose n’a jamais empêché le bon déroulement d’une grossesse, même sur des courbures majeures. Seule une éventuelle augmentation des lombalgies mécaniques pourrait intervenir au cours de la grossesse.

Peut-on bénéficier d’une péridurale avec une scoliose ?
 
Effectivement, les conditions anatomiques à la péridurale sont moins garanties en cas de déviation scoliotique.
Le geste peut parfois être plus difficile techniquement ou l’anesthésie être moins profonde ou moins parfaitement symétrique.

 

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